Enigma

Le vendredi 3 février de 20h00 à 22h00 / Opéra de Limoges - Limoges

Enigme des temps qui viennent, de ceux qui s’achèvent : chacun s’interroge.

Le postromantisme est un moment passionnant en Europe : déjà lassés des complaisances et des épanchements du XIXe siècle, les compositeurs cherchent une expression musicale crue, à vif, portée par un orchestre aux possibilités techniques infinies. Après la recherche de beauté en soi conjuguée à l’expression de soi, la génération des postromantiques, Richard Strauss, Gustav Mahler et Edward Elgar, veulent aller plus loin : la musique doit se tordre, se convulser, elle doit suivre les méandres de l’esprit humain et c’est de cette recherche d’humanité qu’elle trouvera sa transfiguration.

LES ŒUVRES :

  • Totenfeier, de Gustav Malher.
    Cette œuvre moins connue de Gustav Mahler est pourtant l’une de ses plus personnelles : il est entre ses deux premières symphonies, il a 27 ans, et vient de lire Totenfeier d’Adam Mickiewicz. De là germe l’idée d’une marche funèbre : il célèbre l’enterrement de sa naïveté, du temps de l’innocence et de son infantile obligation de recherche d’un sens. « Je me vois moi-même dans un cercueil, envahi de fleurs et de musique funèbre. » Tout occupé à exprimer le plus précisément la désolation de son âme de jeune adulte, il ne cherche pas à obéir aux canons de la beauté musicale du XIXe siècle : « Si ça, c’est de la musique, alors je ne comprends plus rien à la musique ! » s’exclame Hans van Bülow à l’écoute de sa version pour piano.
  • Quatre derniers lieder, de Richard Strauss.
    Ces quatre lieder sont un îlot de postromantisme dans une Europe traumatisée par la Seconde Guerre Mondiale. Composés en 1948 d’après Herman Hesse et Joseph von Eichendorff, ces lieder présentent une progression calquée sur le cycle de la vie : « Printemps », « Septembre », « L’heure du sommeil » et « Au crépuscule ». Le langage musical est celui d’un système tonal poussé à ses limites : à l’heure des expérimentations dodécaphoniques, sérielles et atonales, Strauss pousse un dernier soupir dont la tonalité n’est là que pour servir cette atmosphère d’adieu : « Comme nous sommes las d’errer ! Serait-ce déjà la mort ? »
  • Variations Enigma, de Edward Elgar.
    Nous sommes avec cette suite de 14 variations dans un postromantisme d’une bonne humeur toute britannique. Il est dit que le thème qui subira toutes ces variations aurait été isolé par Caroline Elgar, la femme du compositeur, qui l’aurait repéré au sein d’une longue improvisation par le compositeur au piano. Nous décrivions la science musicale au service du labyrinthe de l’esprit humain, nous sommes ici en plein dans l’exercice : chaque variation est le portrait musical d’un ami du couple, du rire de Dora Penny au jeu approximatif du pianiste amateur Arthur Troyte Griffiths.

+ En prélude au concert : Carte blanche aux élèves du conservatoire

Direction : Robert Tuohy
Avec Elza Van Den Heever, soprano.

Tarif(s)

35 € à 14 € (Tarif B)

Réservation / billetterie

05 55 45 95 95 (mardi au samedi de 12h30 à 18h30)

Renseignements

Opéra de Limoges
48, rue Jean Jaurès
87000 Limoges

Tél : 05 55 45 95 87
Site : www.operalimoges.fr/fr/lorchestre-0

Localisation

Opéra de Limoges, 48 Rue Jean Jaurès 87000 Limoges
Latitude : 45.8320108 / Longitude : 1.2585263