Le web-doc "OTTUDA – Récits de Corréziens d’ici et de là" est en ligne !

« OTTUDA » est la traduction française et certainement approximative du « de là » en russe. OTTUDA, c’est aussi le titre d’un web-documentaire en cours de réalisation, autour duquel s’affairent Johan Gavlovsky, Sylvestre Nonique-Desvergnes, Robin Mairot et Vivien Vedrenne. Ce documentaire vient conclure un travail d’enquête autour des trajectoires de corréziens venus il y a quelques années ou décennies de pays, de régions ou de départements voisins de la Corrèze. Ce travail, sans imposer de problématique insipide et polémique sur l’immigration est néanmoins clairement défavorable à l’idée d’une Corrèze immuable, imperméable à l’altérité, où les batteuses, les veillées et le patois demeurent les éléments forts d’une culture a priori rurale.

« Ici il ne se cache rien car je connais le paysage… Tu sais il y a un petit bout de papier et je sais qu’hier c’était pas la. Ça veut dire que c’est une bonne connaissance de moi, de mon paysage ici. »

Les Gaulois, immigrés dans l’actuel Limousin, sont les Lémovices. Et déjà, très tôt, il fut affaire de bois en Limousin puisque « Lémovices » signifierait « vainqueurs avec l’orme ». Après eux, des générations de résidents nouveaux ont tous eu des raisons, souvent économiques, quelquefois affectives, de traiter ou de batifoler avec les forêts limousines.

C’est donc ici, dans une histoire noueuse, que s’engouffre volontiers l’équipe du web-documentaire. Autour du bois, de la forêt, et du paysage, elle fait résonner entre eux les récits de vie présents dans OTTUDA. Ainsi, à travers des témoignages d’immigrés, le paysage constitue la trame narrative du documentaire. Une création au regard poétique sur un pays de passage, de transformations, de mutations culturelles et sociales en perpétuelle construction.

« Alors, à la volée, nous avons saisi des résidus de vie - c’était une intuition, une commande instinctive -, puis nous les avons jetés en l’air pour qu’ils retombent sur nous en une pluie de souvenirs. Nous n’avons encore tiré aucune conclusion des opérations. Mais à première vue, il semblerait que si nous devions élire un endroit pour nous retrouver ensemble, il s’agirait alors de faire corps dans notre étrangeté. »